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Keynote Speech at ‘RUE’ (Les Rencontre Universites Entreprises)

  • SNU PR
  • March 19, 2015
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Mesdames et Messieurs, nous fêtons l’Année France-Corée 2015- 2016 qui s’ouvrira en septembre prochain en célébration du 130ème anniversaire des relations diplomatiques franco-coréennes. Nos liens, qui se sont noués au dix-neuvième siècle, se sont élargis et renforcés dans les domaines de la politique, de l’économie, et de la culture au cours du vingtième siècle, jusqu’à notre vingt-et-unième siècle. De nombreux événements et festivités vont avoir lieu pour célébrer ces cent trente ans d’amitié entre nos deux pays. En tant que président de l’Université nationale de Séoul, emblème de l’enseignement supérieur en Corée, je suis tout particulièrement ému et honoré de prendre la parole devant vous sur le thème important du rôle de l’université dans le développement économique et dans l’innovation, puisque j’ai moi-même fait mes études de droit en France il y a plus de trente ans. Je remercie les organisateurs de m’avoir donné cette occasion.

A la question posée aujourd’hui, à savoir « Est-il important d’investir dans l’éducation supérieure en cette période de difficultés économiques ? », ma réponse est évidemment « oui ». Il serait incongru qu’un président d’université pense autrement. Ce n’est pourtant pas seulement en tant que président d’université que je réponds ainsi. Le développement économique que la Corée a accompli en l’espace de quelques décennies me semble la meilleure preuve de ce que j’avance.

L’économie mondiale aujourd’hui demeure toujours dans un état de stagnation depuis la crise financière qui a d’abord frappé les Etats-Unis d’Amérique en deux mille huit. Afin d’y faire face, les Etats-Unis, les pays d’Europe et d’Asie ont pris plusieurs mesures sur le plan industriel, où l’innovation technique occupe une place de premier plan. L’innovation technique ne pouvant se réaliser que sur une base solide de formation et de recherche, le rôle de l’université s’avère absolument capital. Mais en temps d’inertie économique, il n’est pas facile du point de vue financier d’investir dans l’université, dont les travaux n’aboutissent qu’à long terme, et c’est ce qui rend les hommes politiques hésitants.

Il est vrai qu’en ce qui concerne les enquêtes sur la question de savoir si la recherche universitaire visant l’innovation technique contribue réellement à l’économie, les résultats sont contradictoires. Cela est dû à diverses raisons, outre celles qui se rapportent à la recherche elle-même. Mais en ce qui concerne la Corée, on ne peut nier le fait que l’éducation, en particulier l’éducation supérieure a été l’un des facteurs primordiaux, entre autres, qui ont permis d’accomplir l’essor économique, puis une croissance continue, ensuite de surmonter les crises survenues dans ce processus.

Le revenu national par personne des Coréens atteint maintenant vingt-huit mille dollars, alors qu’au début des années mille-neuf-cent-soixante, il était d’environ quatre-vingt-dix dollars. Pendant une cinquantaine d’années, il s’est multiplié par trois cents. La Corée est ainsi devenu le seul pays au monde jusqu’à ce jour à se sortir de son stade de sous-développement économique. Elle est également le seul pays secouru à s’être transformé en pays secourant. La main-d’œuvre peu chère et les politiques du gouvernement pour industrialiser le pays et encourager l’exportation en sont les facteurs le plus souvent évoqués. Mais la main-d’œuvre peu chère, ainsi que les politiques d’industrialisation et d’exportation sont des conditions que l’on retrouve dans d’autres pays. L’Amérique latine et quelques pays de l’Asie ont montré entre les années soixante et quatre-vingt un potentiel et un essor non moins fort que la Corée. Cependant peu de pays ont connu un développement économique aussi continu sur un demi siècle. Quel est donc le secret de cette réussite ? Parmi les différentes réponses possibles, l’investissement dans l’éducation et la formation occupe selon moi le premier rang.

Comme le mentionne souvent le président des Etats-Unis Barack Obama, le zèle des Coréens pour l’éducation est mondialement célèbre. La cause réside non seulement dans les mesures gouvernementales, mais surtout dans le dévouement des parents pour leurs enfants. C’est pourquoi, dès le commencement de l’ère industrielle, nous avons pu disposer d’une main-d’œuvre bon marché, mais également bien formée, c’est-à-dire d’une certaine excellence qualitative. L’élargissement de l’éducation primaire et secondaire a joué un rôle très important, mais il faut aussi souligner le fait que ce zèle s’est poursuivi dans l’éducation supérieure. En réalité, le souhait collectif des parents d’envoyer leurs enfants à l’université est devenu tellement fort qu’il provoque même actuellement des problèmes sociaux.

Je suis persuadé que ces investissements gouvernementaux et personnels pour l’éducation supérieure a principalement contribué d’une part à l’industrialisation du pays, et ensuite au développement continu qui a rendu l’économie coréenne productrice de hautes valeurs ajoutées. Ceux qui ont bénficié de cette formation sont devenus des chercheurs ou des gérants hautement qualifiés, puis les agents d’une économie de plus en plus sophistiquée. L’Université nationale de Séoul, et les autres universités coréennes sont les organes qui ont formé les administrateurs spécialisés, les entrepreneurs, les scientifiques et techniciens de pointe, les chercheurs en sciences humaines et sociales, les professionnels des domaines culturels dont le pays avait besoin dans ce processus. C’est ainsi que la Corée a pu accomplir non seulement une croissance économique, mais une maturation politique vers la démocratie.

Par exemple, lors d’un grave conflit entre les militants démocrates et les forces de l’industrie en Corée dans les années quatre-vingts, en pleine croissance économique, ce sont les intellectuels universitaires qui ont réussi à concilier les deux partis. La révision de la Constitution en mille-neuf-cent-quatre-vingt-sept instituant le suffrage direct résulte de ce compromis. A partir de ce moment, le système de mille-neuf-cent-quatre-vingt-sept reste jusqu’à nos jours à la base de la stabilité constitutionnelle préservant les principes d’union et de démocratie. Il s’agit d’un immense progrès politique, si l’on pense qu’auparavant, la Constitution avait été révisée 10 fois pendant une quarantaine d’années.

Au second millénaire, l’enseignement supérieur de notre pays continue à jouer un rôle principal dans l’évolution de l’économie coréenne vers une nouvelle phase, où elle prend désormais l’initiative d’innovations techniques tout en important les aspects efficaces des autres puissances économiques. La technologie originale et la technologie convergente prennent une importance de tout premier ordre en ce qui concerne l’innovation technique. En général, la technologie originale entraîne relativement plus de temps et de frais, et souvent sa valeur commerciale est difficilement démontrable. Par contre, la technologie convergente, qui exploite différentes technologies originales préexistantes, et qui crée un effet de synergie en reliant ces technologies n’ayant à priori aucun lien entre elles, promet souvent plus de réussite et une certaine valeur économique. En particulier, en ce siècle où les frontières entre les domaines de l’industries s’estompent, où de nouvelles technologies, et de nouvelles industries apparaissent l’une après l’autre, et où par conséquent les modèles économiques se transforment rapidement, l’importance des technologies convergentes s’accroît de plus en plus. Autrement dit, on ne peut plus s’adapter à l’environnement industriel qui évolue sans cesse en restant dépendant des technologies originales demandant des recherches à long terme.

C’est de ce point de vue que j’aimerais maintenant vous parler des orientations récentes de notre université. L’université doit rechercher et enseigner aussi bien les vérités universelles que les vérités circonstancielles de son époque. En m’installant dans mes fonctions de président l’année dernière, j’ai présenté le modèle de « talent de bonne volonté » comme l’un des objectifs principaux de l’enseignement universitaire. Je voulais par là insister sur la formation d’hommes et de femmes de talent pleins de « bonne volonté » (en allemand Guter Wille), et sur l’importance de cette bonne volonté dans toute activité visant la connaissance. C’est là une vérité universelle inusable. J’ai également souligné notre devoir historique de réagir au nouveau paradigme fondé sur l’esprit du temps, en nous émancipant des vieilles croyances et modes de pensée, surtout en cette période difficile. Nous avons aussi la responsabilité d’élaborer et d’enseigner des vérités circonstancielles pour résoudre les problèmes de notre temps.

Le vingtième siècle a connu une expansion considérable en demande de nouvelles disciplines, et les domaines de recherches se sont divisés afin de se spécialiser. Le vingt-et-unième siècle ouvre l’ère de la re-convergence de ces disciplines spécialisées en vue d’une synergie plus puissante et d’une plus grande valorisation. L’université doit évoluer en même temps que la société et ses exigences. Le rôle de l’université prend de plus en plus d’importance pour le développement économique et technique. Pour cela :

il faut, premièrement, que l’université, tout en enseignant les technologies de pointe préexistantes, multiplie ses efforts pour développer les technologies convergentes ainsi que les technologies originales, et satisfaire aux exigences du siècle. Pour cela, les connections et convergences interdisciplinaires doivent se réaliser plus activement.

Permettez-moi de prendre l’exemple de l’Université nationale de Séoul. Nous avons des départements de médecine, de médecine vétérinaire, de pharmaceutique, d’agronomie, de sciences naturelles, bref toutes les disciplines en rapport avec la biotechnologie. Ces départements poursuivent bien entendu des recherches de pointe chacune dans leur domaine, et en même temps, échangent des rapports étroits entre eux. En outre, notre université a créé une école de sciences et de technologies convergentes pour développer les technologies convergentes à travers l’interdisciplinarité et la coopération entre l’industrie et l’université. L’interdisciplinarité ne se limite pas aux sciences naturelles et à la technologie. Pour en élargir le champ, nous avons également fondé un département d’études libérales (où les étudiants construisent eux-mêmes leur cursus) afin de démolir les barrières entre les disciplines et former des talents pluridisciplinaires.

Deuxièmement, l’efficacité de ces convergences interdisplinaires peut être amplifiée à travers les connections internationales. Les contenus des disciplines de recherche s’appronfondissant et s’élargissant, il devient impossible qu’un pays ou qu’un établissement en particulier puisse tout entreprendre. C’est pourquoi des échanges interdisciplinaires internationaux sont nécessaires.

Pour reprendre, si vous le voulez bien, l’exemple de l’Université nationale de Séoul, nous entretenons des relations actives avec de nombreux établissements éminents du monde entier aussi bien sur les plans scientifique et technologique, que sur les plans socioculturels. Cette évolution internationale s’allie avec la recherche interdisciplinaire pour se diriger vers des disciplines combinées toujours plus amples. Pour résoudre les problèmes internationaux contemporains, les disciplines individuelles ne suffisent plus. Il faut une approche pluridisciplinaire embrassant la politique, l’économie, la société, la culture, et le droit. Notre université a fondé pour cela une école d’études internationales dans le but de promouvoir l’enseignement et la recherche dans les sciences sociales interdisciplinaires et internationales.

Ainsi, le projet des disciplines convergentes doit s’étendre vers les sciences sociales, et ne pas se limiter aux sciences naturelles, de même que son champ géographique doit s’élargir à travers la coopération internationale. La fonction de l’université, qui est d’enseigner de manière efficace et de se consacrer à des recherches approfondies, prend de plus plus de poids. Elle est le lieu où les sciences naturelles et sociales s’assemblent et fusionnent pour créer de nouveaux horizons.

Il semble exister différents moteurs de développement économique, mais tous ont rapport avec la technologie, que ce soit en science naturelles ou sociales. Il s’agit d’apprendre la technologie de pointe du présent afin d’inventer une nouvelle technologie originale, ou bien de la faire converger avec d’autres technologies. Comme l’apprentissage a lieu dans les établissements d’éducation ou d’industrie, il arrive fréquemment que ses chiffres n’apparaissent pas sur les statistiques de l’innovation ou de la recherche. La plupart du temps, les données concernant l’innovation technologique n’englobent que les cas liés à l’invention de nouvelles technologies en sciences naturelles. Il est donc malaisé de mesurer le rôle de l’université ainsi que les rapports que ces données entretiennent avec l’économie. Si les sciences sociales s’ajoutent aux sciences naturelles, la mission de l’université gagnera encore en importance, puisque c’est là que sont réunies les disciplines multiples.

Tout ceci me permet de conclure que l’investissement dans l’université doit se réaliser de manière plus active, afin de favoriser l’invention et l’exploitation de nouvelles technologies. Les entreprises seules ne peuvent prendre en charge les technologies convergentes et complexes qu’exige notre siècle. L’université et le gouvernement doivent donc coopérer. Si le gouvernement hésite à soutenir l’enseignement et la recherche pour la mauvaise raison qu’il n’y a pas de contribution directe à l’économie, celle-ci ne pourra pas reprendre son essor. L’université est le dernier bastion du développement social. Car elle montre la voie de l’avenir, et elle est le fondement de toute réponse à nos problèmes concrets. Nous devons donc tous réaliser l’importance de l’université et de l’enseignement supérieur, et renforcer la coopération du gouvernement et de la société.

Merci de votre attention.

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